Saisonnière

Je la croyais partie
La voilà de retour
Elle était là tapie
Elle revient toujours

Je me croyais guérie
Mon cœur était velours
Elle observait ma vie
M’attendait au détour

Très vite rétablie
Dans son ancien séjour
Mon ancienne ennemie
N’est pas vraiment glamour

C’est ma petite, toute petite participation au Challenge écriture de Marie.

La contrainte de cette semaine #8 était de jouer avec les rimes : continues (AAAA), plates ou suivies (AABB), croisées (ABAB) ou embrassées (ABBA). J’ai opté pour des rimes croisées et des hexasyllabes (des vers de six syllabes).

Le thème était le changement – un thème très difficile à traiter pour moi en ce moment. L’inspiration n’était pas vraiment au rendez-vous…

On fera mieux la prochaine fois !

Désir d’exil

Aux mille et une nuits,
La vie n'est pas un conte,
Même si on sourit,
Si on se la raconte.

On aime son pays,
C'est le meilleur du monde ;
On partira aussi
Vers une contrée blonde.

Étrangers pour la vie,
 Mais la panse bien ronde.
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Quelques modestes vers retrouvés dans un endroit où ils n’étaient pas censés être…

Quelques modestes vers comme un clin d’œil, comme un pied de nez à l’habituelle léthargie hivernale…

La poésie recommencerait-elle à me titiller ? 🙂

Prière

Au plus clair de la nuit,
Je cherche ton visage,
Quand le monde endormi
A cessé son tapage.

Je murmure au silence
Et mon cœur s'affermit ;
Remplis de ta présence,
Les mots brillent sans bruit.

D’autrefois je te fuis,
Malheureuse de honte ;
Oubli après oubli,
Je me laisse pour compte.

Et les jours et mon cœur,
Sombres de solitude,
Ne sont plus que noirceur
Enrobée d’habitudes.

Me pardonneras-tu,
Dans ta douceur immense,
Les manquements têtus
De ma pauvre inconstance ?

Au plus noir de la nuit,
J’implore ta lumière ;
Qu’elle ruisselle en pluie
Dans mes mains en prière.
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Octobre à Tanger

Mon automne africain
Dort la fenêtre ouverte
Et s'étonne au matin
De la plage déserte

Il n'a pas vu l'été
Reprendre son cartable
Et croit qu'il est resté
Les deux pieds dans le sable

Alors il se prélasse
Au soleil il patiente
Et sirote en terrasse
Quelques thés à la menthe
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Coup de fil au souk

 

Sous un pin parasol,

Suait la paysanne

Sous son chapeau de paille.

 

Accroupie sur le sol,

Elle écossait, sultane,

Des p’tits pois en pagaille.

 

Les yeux sur ses légumes,

Où traînaient quelques mouches,

Elle ne voyait plus rien :

 

Le p’tit vendeur d’agrumes,

La matrone en babouches,

Les marchands sahariens,

 

La menthe du djebel,

Les bottes de coriandre…

Seul comptait l’appareil !

 

Un tout dernier modèle,

Savamment coincé entre

Le foulard et l’oreille.

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