Au salon de mon cœur

Il y a dans mon cœur une grande maison
Qui résonne des jours au parfum d'insouciance
Où le temps coulait doux de saison en saison
Et semblait ne jamais voir la fin de l'enfance.

Quand la vie nous portait vers un autre horizon,
Nous retrouvions toujours la porte grande ouverte,
Et tous les maux du monde avaient pour guérison
Leurs yeux posés sur nous, pleins de confiance offerte.

Si les tuiles du toit sont bel et bien vendues,
Si les murs sont repeints, les cloisons abattues,
Si d'autres désormais y ont bâti leur nid ;

Au salon de mon cœur, en un jour immuable,
Comme à son habitude, au sortir de la table,
Papy s'est assoupi – et Mamy me sourit.
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Comme une bulle de savon

Parfois, quand vient le soir, quand ma tête repose,
Je vois sortir de l'ombre une foule de mots
Qui s'animent bientôt dans un joyeux chaos
Pour venir défiler sous mes paupières closes.

Les voici qui tournoient en une farandole
De phrases bariolées qui cherchent à rimer
Puis s'alignent enfin en vers bien ordonnés
Suspendus dans le vent sous une lune folle.

Doux sommeil, te voilà ! Regarde le poème
Qu'ont accroché pour moi les mots sous l'astre blême ;
Il ne me reste plus qu'à le cueillir sans bruit.

Alors tout doucement, d'une plume légère,
Je tente d'attraper mon poème éphémère
Qui dans un discret « pop » éclate dans la nuit.
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Un modeste sonnet, probablement dans sa version provisoire. Toutes vos critiques constructives et suggestions d’amélioration sont les bienvenues…

Je suis là

On croit souvent à tort qu'il faut de longs discours
Osés la larme à l'œil et la voix frémissante
Pour se vider le cœur de ce qui le tourmente,
Et clamer fort et clair l'éclat de notre amour.

On croit qu'il faut des mots et des déclarations
Pour aller trouver l'autre, ivre en sa solitude,
Lui dire notre peine et notre lassitude,
Lui rendre la raison par nos supplications.

Or, il aura suffi, quand je désespérais,
D'une étreinte impromptue et de quelques « je sais »
Pour que se brise enfin ta prison de souffrance.

Tu n'avais pas besoin d'aveux de cinéma ;
Il ne fallait qu'un geste au milieu du silence,
Une main sur ton bras qui souffle « je suis là ».
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Mon premier sonnet !

Là où tu n’es plus…

Longtemps il m'a fallu un effort de mémoire
Pour ne plus m'égarer là où tu ne vis plus,
Et gagner aussitôt le nouveau territoire
Où tu dors désormais dans le calme absolu.

Ma pensée vagabonde avait pour habitude
De te rejoindre là où coulaient tes vieux jours,
En ce lieu habité de tant de solitudes
Où le temps était long et ton corps bien trop lourd.

J’ai dû, très doucement, par-delà la distance,
D’une vue de l’esprit, apprivoiser l'absence,
En butant sur ta tombe à chaque souvenir.

Plus tard je parviendrai, tout au bout de la peine,
À revoir sans pleurer nos glaces italiennes ;
Dans l’écrin de mon cœur, ton passé – l’avenir.
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Je ne m’en croyais pas capable et finalement, le voilà : mon premier sonnet, avec tout ce qu’il faut là il faut – du moins, je le crois !

Pour le moment, il est en cours d’évaluation par le comité éditorial de Short édition. Je vous ferai signe s’il est qualifié pour le Grand Prix du Court.

Et en attendant, n’hésitez pas à me donner votre avis…